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Guide · 12 min

Diagnostic électrique obligatoire : ce que le rapport vous oblige (ou non) à faire

Le diagnostic électrique obligatoire s’impose dès que l’installation d’un logement a plus de 15 ans, à la vente comme à la location. C’est au vendeur ou au bailleur de le fournir. Il reste valable 3 ans pour une vente et 6 ans pour un bail. Il est réalisé par un diagnostiqueur certifié, et pas par GI RENOV : la loi interdit au diagnostiqueur tout lien de nature à porter atteinte à son indépendance, notamment avec une entreprise qui pourrait faire les travaux. Notre travail commence quand le rapport arrive avec une liste d’anomalies et que le compromis, ou le prochain locataire, attend. Ce guide sert à ça : lire ce rapport, trier l’urgent du négociable, et savoir ce que chaque correction coûte avant de signer quoi que ce soit.

Rapport de diagnostic électrique posé à côté d’un ancien tableau à fusibles dans un appartement niçois
Le diagnostic décrit l’installation. Les corrections, c’est un électricien qui les fait, jamais celui qui a rédigé le rapport.

Qui doit fournir le diagnostic électrique obligatoire, et quand

Pour une vente, l’obligation existe depuis le 1er janvier 2009. Pour la location, elle s’applique à tous les baux depuis le 1er janvier 2018, après le décret n° 2016-1105 du 11 août 2016 pris en application de la loi ALUR. Le document officiel s’appelle « état de l’installation intérieure d’électricité ». Le sigle DEO, très répandu, n’a rien de réglementaire, mais tout le monde le comprend.

Le seuil des 15 ans porte sur l’installation, pas sur l’immeuble. Un appartement du vieux Nice entièrement recâblé il y a huit ans échappe au diagnostic électrique obligatoire, à condition de pouvoir le prouver : facture de l’électricien, attestation de conformité. Sans justificatif, impossible de prouver l’âge de l’installation : le diagnostic sera exigé. Une attestation de conformité visée par le Consuel et datée de moins de 6 ans peut remplacer le diagnostic, selon Service Public.

Le rapport rejoint le dossier de diagnostic technique, remis à l’acquéreur avec la promesse de vente ou annexé au bail. Côté vente, le délai court jusqu’à la promesse ou à l’acte authentique. Côté location, il doit dater de moins de 6 ans à la signature du bail.

Les sanctions visent surtout l’absence de document ou le recours à un diagnostiqueur non certifié : 1 500 € d’amende, 3 000 € en cas de récidive. Le vendeur qui ne remet pas le rapport perd la possibilité de s’exonérer de la garantie des vices cachés. Le bailleur engage sa responsabilité. Rien de tout cela ne dépend du contenu du rapport : c’est sa présence qui est exigée.

Le rapport arrive, la vente se signe dans un mois : un cas à Nice

Le scénario que nous rencontrons le plus souvent ressemble à ceci. Un trois-pièces dans un immeuble des années 1930, quartier Libération. Le compromis est signé, l’acte est prévu dans quelques semaines. Le diagnostic électrique obligatoire relève sept anomalies. L’acquéreur lit « risque d’électrisation » en gras, appelle son notaire et demande une baisse de prix. Le vendeur, lui, ne sait pas si on parle de 200 € ou de 5 000 €.

Dans ce genre de rapport, nos techniciens trouvent en général trois familles d’anomalies. D’abord la terre : prises de chambres sans conducteur de protection, ou prise de terre de l’immeuble jamais mesurée. Ensuite la protection des personnes : un seul interrupteur différentiel, parfois aucun, sur un tableau qui mélange disjoncteurs récents et vieux porte-fusibles. Enfin l’appareillage : une douille pendante, une prise fendue, une boîte de dérivation sans couvercle dans un placard.

Sur ces sept lignes, deux demandent une intervention qui touche au tableau. Les autres relèvent de l’appareillage et se corrigent en une seule visite. Le vendeur n’est pas obligé de faire quoi que ce soit : la loi lui demande d’informer, pas de réparer. Mais avec un devis écrit en main, la discussion avec l’acquéreur change. On négocie sur un montant chiffré, pas sur une peur.

En bord de mer, nous observons aussi des bornes et des vis de serrage oxydées dans des tableaux installés près d’une fenêtre ouverte sur le front de mer. Nous n’avons pas de statistique pour le 06, c’est une observation de terrain. Dans un diagnostic électrique obligatoire, elle finit souvent classée en « matériel vétuste », sans plus de détail.

Les anomalies les plus fréquentes et ce que coûte leur correction

L’Observatoire national de la sécurité électrique, porté par l’association Promotelec, publie chaque année un baromètre tiré des rapports de diagnostiqueurs. Édition 2024 : 83 % des logements de plus de 15 ans présentent au moins une anomalie. Édition 2025 : 82,6 %, avec 84,6 % pour les logements mis en vente, 74 % pour ceux mis en location, 87,5 % pour les maisons et 79,1 % pour les appartements.

Le trio de tête ne bouge pas d’une année sur l’autre : défaut de prise de terre ou de mise à la terre dans 64 % des rapports, matériel vétuste ou inadapté dans 46 %, risque de contact direct avec des pièces sous tension dans 41 %. Autrement dit, un rapport sans aucune anomalie est l’exception dans l’ancien.

Le tableau ci-dessous relie chaque anomalie type d’un diagnostic électrique obligatoire à l’intervention qui la corrige et à la fourchette de la grille GI RENOV. Ce sont des prix indicatifs, toutes les installations ne se ressemblent pas, et nous remettons un devis écrit avant de toucher à quoi que ce soit. Le détail complet est sur la page tarifs d’un électricien dans le 06.

Anomalie relevéeFréquence (ONSE)Correction habituelleFourchette indicative GI RENOV
Prise de terre absente ou défaillante64 %Mesure, reprise des conducteurs de protection, liaison au tableauSur devis : taux horaire 50 à 75 € HT/h + déplacement 40 à 60 € TTC
Matériel vétuste ou inadapté46 %Remplacement de prises, douilles, interrupteursPrise remplacée : 80 à 170 € TTC
Pièces nues accessibles (contact direct)41 %Capotage, boîtes fermées, appareillage cassé remplacéÀ l’heure : 50 à 75 € HT/h
Pas de différentiel 30 mA adaptéNon publiéPose d’un interrupteur différentiel 30 mA120 à 220 € TTC posé
Protection inadaptée à la section des filsNon publiéRemplacement du disjoncteur divisionnaire concerné70 à 130 € TTC par disjoncteur
Tableau à fusibles, pas de place pour corrigerNon publiéRemplacement du tableau800 à 1 700 € TTC (appartement)

Lire le rapport du diagnostic électrique obligatoire ligne par ligne

Le modèle de rapport et la méthode sont fixés par l’arrêté du 28 septembre 2017, entré en vigueur le 13 octobre 2017. Le diagnostiqueur évalue les risques pour les personnes, incendie et électrocution, sur six points listés par Service Public.

Ce que le diagnostic ne regarde pas compte autant que ce qu’il relève. Il porte sur les parties privatives et leurs dépendances, en aval de l’appareil général. Les parties communes de la copropriété n’en font pas partie, alors que le baromètre ONSE 2024 y estime à 90 % la part des installations avec anomalie. Il examine ce qui est visible et accessible, sans démonter. Ce n’est pas non plus un contrôle de conformité aux règles d’une installation neuve : la différence est expliquée dans notre guide sur la norme NF C 15-100.

Voici comment nous lisons ces six points, et ce que chacun implique en travaux.

  • L’appareil général de commande et de protection, présent et accessible. C’est en général le disjoncteur de branchement. S’il est enfermé derrière un meuble cuisine, l’anomalie se règle souvent sans électricien.
  • Au moins un dispositif différentiel adapté à la mise à la terre. Le diagnostiqueur appuie sur le bouton test et regarde la sensibilité. Un différentiel 500 mA seul ne protège pas les personnes : c’est la ligne que nous traitons en premier.
  • Une protection contre les surintensités adaptée à la section de chaque circuit. Un disjoncteur 32 A sur des fils prévus pour 16 A, la gaine chauffe sans que rien ne coupe. Correction simple, mais il faut ouvrir le tableau.
  • La liaison équipotentielle et les règles propres à la salle de bains. Dans les douches ajoutées dans d’anciennes cuisines du centre de Nice, nous trouvons souvent une prise trop proche de l’eau.
  • Les matériels inadaptés à l’usage ou vétustes, et les pièces sous tension accessibles. Ce sont les lignes les plus nombreuses et les moins chères à corriger.
  • Les conducteurs non protégés mécaniquement. Des fils apparents sans moulure ni gaine, souvent dans les caves ou les garages de villas.

Rapport défavorable : cinq façons de réagir, comparées

Une fois le rapport lu, il reste à choisir. Le bon choix dépend surtout de deux choses : vendez-vous ou louez-vous, et le logement est-il occupé. Pour une vente, ne rien faire est légal. Pour une location, la logique change : le bailleur doit fournir un logement décent, et Service Public précise que les réseaux et branchements d’électricité doivent être conformes aux normes de sécurité et en bon état. Un locataire qui reçoit un rapport inquiétant peut mettre son propriétaire en demeure, puis saisir le juge au bout de deux mois sans réponse.

OptionQuand elle tient la routeBudget indicatifCe que l’acquéreur ou le locataire obtient
Ne rien faireVente, acquéreur informé, prix déjà discuté0 €Le rapport seul, et une marge de négociation
Corrections cibléesUne à trois anomalies simples (prises, capots, disjoncteur)70 à 220 € TTC par point, plus le déplacementUne facture qui reprend les lignes du rapport
Mise en sécuritéLocation, logement occupé, anomalies terre et différentielAddition des lignes de la grille, devis écritLes risques graves levés, logement louable sereinement
Remplacement du tableauTableau à fusibles, aucun différentiel 30 mA800 à 1 700 € TTC (appartement)Protection des personnes à jour, base saine pour la suite
Rénovation complète et attestation ConsuelLogement vide entre deux baux, câbles d’origineSur devis après visiteUne attestation qui peut tenir lieu de diagnostic en location

Après le diagnostic : comment se passe la remise en sécurité

Après un diagnostic électrique obligatoire défavorable, l’enchaînement est le même, que vous vendiez ou que vous louiez. Il part du rapport, pas d’une visite à l’aveugle.

  • Vous nous envoyez le rapport complet, en PDF ou en photo. Nous repérons les anomalies qui touchent au tableau et celles qui relèvent de l’appareillage, ainsi que les points que le diagnostiqueur n’a pas pu vérifier, faute de courant ou d’accès.
  • Un de nos techniciens se déplace. Il contrôle chaque ligne du rapport, mesure la terre et ouvre le tableau hors tension. C’est là qu’il confirme ou non ce qui est écrit : il arrive qu’une anomalie soit plus simple, ou plus lourde, que son libellé.
  • GI RENOV remet un devis écrit, poste par poste, avec en face de chaque ligne le numéro d’anomalie du rapport. Vous pouvez le transmettre tel quel à l’acquéreur, au notaire ou à votre agence. La demande se fait depuis la page devis.
  • Le technicien fait les travaux : coupure, remplacement, remise sous tension, essais du différentiel. Le logement reste habitable pendant les corrections ciblées. Un remplacement de tableau prive de courant le temps de l’intervention, on fixe le créneau avec vous.
  • Vous recevez une facture détaillée qui reprend les anomalies traitées. En cas de rénovation complète, nous préparons le dossier d’attestation de conformité, expliqué dans le guide sur le Consuel.
  • Si vous voulez un rapport sans anomalie, il faut refaire un diagnostic : c’est le seul document qui l’atteste. Notre facture prouve les travaux, elle ne remplace pas le rapport. Le choix vous appartient, nous vous disons simplement ce que chaque document vaut.
Électricien posant un interrupteur différentiel 30 mA dans un tableau électrique moderne
La pose d’un différentiel 30 mA règle l’une des lignes les plus fréquentes des rapports.

Si vous êtes à Nice ou dans le 06

GI RENOV intervient à Nice et dans les Alpes-Maritimes sur des installations très différentes : immeubles Belle Époque aux tableaux bricolés au fil des décennies, copropriétés des années 60-70 du littoral, villas de l’arrière-pays avec dépendances et garages. Beaucoup de demandes viennent de propriétaires de résidences secondaires qui vendent ou remettent en location un logement resté fermé plusieurs mois.

Petit conseil pour ces logements : faites remettre le courant avant le diagnostic électrique obligatoire. Sans électricité, une partie des contrôles ne peut pas se faire, et le rapport se remplit de points non vérifiés qui inquiètent l’acquéreur autant que de vraies anomalies.

Une équipe assure les nuits et les week-ends pour les pannes. Pour un rapport de diagnostic, rien ne presse au point d’appeler la nuit : envoyez-le, nous revenons vers vous avec une lecture et, si besoin, un devis. Le détail de nos interventions est sur la page électricien à Nice.

Les limites de cette page

  • Service Public donne une équivalence Consuel de moins de 6 ans sans distinguer vente et location ; certaines sources secondaires évoquent 3 ans pour la vente. Avant une vente, faites confirmer par votre notaire.
  • Le coût d’une reprise de mise à la terre dépend de l’état de la prise de terre de l’immeuble et du passage des câbles : il n’a pas de ligne dans notre grille, il est chiffré au devis après visite.
  • Les baromètres ONSE repris par la presse ne précisent pas le nombre de rapports analysés, ni de chiffres propres aux Alpes-Maritimes.
  • Le prix du diagnostic lui-même n’est pas réglementé ; GI RENOV ne le pratique pas et ne publie donc aucune fourchette.

Sources et méthode

Chaque chiffre de cette page vient d’une source primaire, nommée, datée et liée.Un chiffre vous paraît faux ? Appelez-nous : nous le corrigeons et datons la correction.

  1. Diagnostic immobilier : état de l’installation intérieure d’électricité (F18692), Service Public (DILA), 2026-09-17. Retenu pour : Seuil de 15 ans, validité 3 ans (vente) et 6 ans (location), six points contrôlés, équivalence Consuel de moins de 6 ans, amendes de 1 500 € et 3 000 €..
  2. Logement décent : quelles sont les obligations du propriétaire ? (F2042), Service Public (DILA), 2025-03-21. Retenu pour : Logement décent : réseaux et branchements d’électricité conformes aux normes de sécurité ; recours du locataire..
  3. Diagnostiqueur immobilier : réglementation, Bpifrance Création, 2024-02-07. Retenu pour : Impartialité du diagnostiqueur (art. L271-6 CCH), aucune rétribution d’une entreprise de travaux (art. R271-3)..
  4. Diagnostic électrique : comment le réaliser ?, Fédération française du bâtiment, 2017-10-31. Retenu pour : Arrêté du 28 septembre 2017, en vigueur le 13 octobre 2017 ; périmètre : parties privatives et dépendances en aval de l’appareil général..
  5. 83 % des logements de plus de 15 ans présenteraient une anomalie électrique, Batiweb, 2024-04-24. Retenu pour : Baromètre ONSE 2024 : 83 % des logements de plus de 15 ans avec au moins une anomalie ; terre 64 %, vétusté 46 %, contact direct 41 % ; parties communes 90 %..
  6. Sécurité électrique : un parc résidentiel toujours à risque, Batiweb, 2025-05-15. Retenu pour : Baromètre ONSE 2025 (Promotelec) : 82,6 % des installations de plus de 15 ans avec au moins une anomalie..
  7. Installations électriques : un réseau vétuste dans 4 logements sur 5, Économie Matin, 2025-05-14. Retenu pour : Baromètre ONSE 2025 : 84,6 % en vente, 74 % en location, 87,5 % des maisons, 79,1 % des appartements..
  8. Diagnostic électrique obligatoire : la solution gagnant-gagnant pour les électriciens et les propriétaires, CAPEB, 2017-12-11. Retenu pour : Diagnostic obligatoire pour tous les logements mis en location à partir du 1er janvier 2018 (décret n° 2016-1105)..
  9. Qu’est-ce que le DEO (diagnostic électrique obligatoire) ?, Hager, 2026-10-10. Retenu pour : Obligation en cas de vente depuis le 1er janvier 2009 ; les installateurs ne sont pas autorisés à réaliser le diagnostic..

Questions

Questions fréquentes

Combien de temps le diagnostic électrique obligatoire est-il valable ?
3 ans pour une vente, à la date de la promesse ou de l’acte authentique. 6 ans pour une location, à la date de signature du bail. Un même rapport peut donc servir à plusieurs locations successives tant qu’il a moins de 6 ans.
Qui paie le diagnostic électrique obligatoire ?
Le vendeur pour une vente, le bailleur pour une location. Le tarif du diagnostiqueur n’est pas réglementé : demandez plusieurs prix et vérifiez sa certification dans l’annuaire officiel des diagnostiqueurs.
Un diagnostic avec anomalies oblige-t-il à faire des travaux ?
Pour une vente, non : le vendeur informe, l’acquéreur achète en connaissance de cause et négocie. Pour une location, le rapport n’impose rien par lui-même, mais le logement doit être décent, avec une électricité conforme aux normes de sécurité. Un bailleur qui laisse une anomalie grave en place prend un risque.
Un électricien peut-il réaliser le diagnostic électrique obligatoire ?
Pas le diagnostic réglementaire. Le code de la construction exige du diagnostiqueur qu’il n’ait aucun lien avec une entreprise susceptible de faire les travaux. Un technicien GI RENOV peut en revanche regarder l’installation avant la vente, mais son avis ne remplace pas le rapport officiel.
Je suis locataire et le rapport liste des anomalies : que faire ?
Signalez-les par écrit à votre propriétaire ou à l’agence, de préférence en recommandé avec accusé de réception, en joignant le rapport. Continuez à payer le loyer. Sans réponse après deux mois, Service Public indique que vous pouvez saisir le juge des contentieux de la protection. En attendant, appuyez une fois par mois sur le bouton test du différentiel : s’il ne coupe pas, prévenez le bailleur.
L’attestation Consuel remplace-t-elle le diagnostic ?
Oui, une attestation de conformité de moins de 6 ans peut remplacer le diagnostic électricité, selon Service Public. Elle suppose une installation refaite et contrôlée. C’est intéressant si vous rénovez de toute façon entre deux locataires.

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