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Consuel : quand il est exigé, ce qu’il coûte et pourquoi il refuse
Le Consuel est l’organisme qui vise l’attestation de conformité de votre installation électrique. Sans ce visa, Enedis ne met pas le courant dans trois cas : une installation neuve, une rénovation totale pour laquelle le distributeur a coupé l’alimentation, et l’ajout d’une production d’électricité, comme des panneaux solaires, qui modifie l’installation. C’est l’électricien qui remplit l’attestation et l’envoie. Pour un logement, l’attestation jaune coûte 147,66 € TTC en version numérique depuis septembre 2026. Ce qui coûte le plus cher, ce n’est pas le formulaire. C’est une visite qui échoue.

Le Consuel en clair : une attestation, trois cas où elle est imposée
Consuel veut dire Comité national pour la sécurité des usagers de l’électricité. C’est une association reconnue d’utilité publique, créée en 1964. Selon Promotelec, elle réalise environ 180 000 interventions par an avec 200 inspecteurs répartis dans 13 agences. Elle ne fait pas vos travaux et ne remplit pas votre dossier. Elle appose un visa sur un document que l’installateur a rédigé et signé.
Le cadre vient du décret n° 72-1120 du 14 décembre 1972. Son article 1er impose l’attestation avant la mise sous tension dans trois situations. Une installation nouvelle, à caractère définitif, raccordée au réseau public. Une installation entièrement rénovée, quand le distributeur l’a mise hors tension à la demande du client. Une installation de production de moins de 250 kVA qui oblige à modifier l’installation intérieure.
Le mot « entièrement » compte. Le décret vise une installation dont tous les éléments déposables, en aval du point de livraison, ont été déposés puis reposés ou remplacés. Refaire la cuisine et la salle de bain sans toucher au reste n’entre pas dans ce cas. Changer un tableau non plus, tant qu’Enedis ne coupe pas le branchement.
Hors de ces trois cas, l’attestation reste possible à titre volontaire, à la demande du propriétaire. Elle liste alors les circuits rénovés et passe elle aussi au visa. Nous la conseillons quand le client veut une preuve écrite pour une revente, pas par réflexe.
Le raccordement provisoire de chantier et la mise sous tension pour essais, sur une durée limitée, échappent à l’obligation. C’est ce qui permet de travailler dans une maison neuve avant le visa.
Le chantier est fini, Enedis est prêt, et la maison reste sans courant
Un scénario que nous voyons revenir. Une villa des années 70 sur les hauteurs de l’arrière-pays niçois. Les propriétaires refont tout : tableau, câbles, prises, éclairage. Pour travailler tranquilles, ils ont demandé à Enedis de couper le branchement. Les travaux se terminent un vendredi. Ils prévoient d’emménager le lundi.
Le lundi, pas de courant. Une installation entièrement rénovée après une coupure demandée au distributeur ne repart pas sans attestation visée. Personne ne leur avait dit que le dossier Consuel devait partir avant la fin du chantier, ni qu’une visite pouvait être programmée entre-temps.
Ce n’est la faute de personne en particulier. C’est un défaut de calendrier. Le Consuel se prépare pendant les travaux, pas après. EDF conseille de lancer la démarche environ trois semaines avant la date de raccordement souhaitée. Quand une visite est décidée, EDF parle d’un délai de 15 à 20 jours.
Deuxième piège sur ce genre de chantier : un premier électricien fait le gros des travaux, un autre termine. Le décret prévoit que chaque installateur atteste pour la partie qu’il a réalisée. Deux intervenants, c’est deux signatures à coordonner. Si l’un a disparu, le dossier se complique vite.
Ce que nous en retenons : on fixe la date d’emménagement après le visa, jamais avant. Et on écrit dès le devis qui remplit l’attestation.
Combien coûte le Consuel en 2026, et ce qui coûte en plus
Le formulaire se paie au Consuel. Son prix dépend de la couleur de l’attestation et du support. Les montants ci-dessous sont ceux de la grille non professionnelle en métropole, relevés en septembre 2026 par JeChange et par fournisseurs-electricite.com, qui donnent les mêmes chiffres. Le site du Consuel a bloqué notre relevé direct : vérifiez le tarif au moment de commander.
Quand l’électricien commande au tarif professionnel, le prix suit une formule dégressive selon le volume. Demandez que la ligne Consuel apparaisse à part sur le devis, vous saurez ce que vous payez.
La vraie dépense, c’est la correction. Une visite qui relève un défaut entraîne une intervention de plus, puis une visite renouvelée à 238,44 € TTC. JeChange cite aussi 144 € quand la visite échoue du fait du demandeur, par exemple une absence au rendez-vous.
Côté travaux, voici les fourchettes de la grille GI RENOV pour les corrections les plus courantes autour d’une visite : déplacement dans le 06 de 40 à 60 € TTC, interrupteur différentiel 30 mA posé de 120 à 220 € TTC, prise remplacée ou ajoutée de 80 à 170 € TTC, main-d’œuvre de 50 à 75 € HT de l’heure. Un tableau d’appartement complet se situe entre 800 et 1 700 € TTC. Le détail est sur la page tarifs d’un électricien, et rien ne démarre sans devis écrit.
| Attestation | Pour quelle installation | Numérique | Papier |
|---|---|---|---|
| Jaune | Logement (usage domestique) | 147,66 € TTC | 149,17 € TTC |
| Verte | Local non domestique (commerce, bureau) | 77,94 € TTC | 79,43 € TTC |
| Bleue | Production sans stockage (panneaux solaires) | 205,32 € TTC | 206,81 € TTC |
| Violette | Production avec stockage (batteries) | 235,07 € TTC | 236,57 € TTC |
| Visite renouvelée | Après une non-conformité | 238,44 € TTC | 238,44 € TTC |
De la fin des travaux au visa : comment ça se passe
Voici le déroulé quand GI RENOV est l’installateur. Si vous avez fait les travaux vous-même, le décret fait de vous l’auteur de l’attestation : vous signez et vous engagez votre responsabilité.
Le visa ne s’achète pas. Le décret subordonne le visa à la correction des défauts constatés. Payer une seconde visite ne suffit pas : il faut que la correction soit faite et visible.
- Le choix de l’attestation. Jaune pour un logement, bleue ou violette si des panneaux solaires s’ajoutent. Une maison neuve avec photovoltaïque peut demander deux attestations.
- L’achat du formulaire, en ligne sur l’espace Consuel ou en papier. ENGIE et JeChange indiquent qu’un formulaire vierge reste valable un an après l’achat.
- Le remplissage, en fin de chantier. Le technicien y joint ce que demande le type d’installation, par exemple un schéma pour une production. Une case qui ne correspond pas à ce qui est posé suffit à faire revenir le dossier.
- L’envoi à la délégation régionale, idéalement trois semaines avant la mise en service visée.
- La décision de contrôle. Selon Techniques de l’Ingénieur, le Consuel décide sous 20 jours s’il envoie un inspecteur. Au tarif non professionnel, le contrôle est systématique. Au tarif professionnel, il dépend des résultats passés de l’installateur.
- La visite, si elle a lieu. L’inspecteur compare l’installation à la norme NF C 15-100. Il lui faut un accès à tout : tableau, salle d’eau, combles, gaine technique.
- Le visa ou les réserves. Sans défaut, l’attestation revient visée. Avec des défauts, nous corrigeons, nous renvoyons une levée de réserves, et une nouvelle visite peut être programmée.
- La mise en service. L’attestation visée est remise lors de la souscription du contrat d’électricité, et le fournisseur lance la mise en service avec Enedis.
Pourquoi une visite échoue : ce que nous contrôlons avant l’inspecteur
Il n’existe pas de statistique officielle à vous donner sur les motifs de refus : nous n’en avons trouvé aucune publiée sous une forme vérifiable. Voici ce que nos techniciens repassent avant chaque visite, dans l’ordre où ils trouvent le plus de défauts sur nos chantiers.
Ce contrôle préalable coûte moins cher qu’une visite renouvelée. Et il évite surtout de repousser l’emménagement.
- La salle d’eau d’abord. Les volumes autour de la baignoire et de la douche fixent quel appareil peut aller où. Un luminaire ou une prise trop près d’une douche à l’italienne, déplacés après coup par un autre corps de métier, font partie des défauts que nous repérons le plus souvent.
- La liaison équipotentielle supplémentaire. Les parties métalliques de la salle d’eau doivent être reliées entre elles et à la terre : canalisations métalliques, baignoire en acier ou en fonte selon la configuration. Un fil oublié derrière un tablier carrelé, et c’est une réserve.
- La prise de terre. Sur un terrain rocheux, fréquent dans l’arrière-pays, obtenir une valeur correcte peut demander plus d’un piquet. Le technicien mesure avant la visite, pas le jour même.
- La protection différentielle 30 mA. Tous les circuits doivent être protégés, et le nombre de circuits par interrupteur différentiel est limité. Un circuit ajouté en fin de chantier qui fait dépasser la limite se voit au premier coup d’œil.
- Le tableau et son repérage. Chaque disjoncteur identifié, des sections de câble cohérentes avec les calibres, des borniers serrés. Un tableau propre et étiqueté se contrôle vite.
- L’accès. Un tableau derrière un meuble, une gaine technique fermée par une plaque de plâtre, des combles sans trappe : l’inspecteur ne valide pas ce qu’il ne voit pas.
- Le dossier lui-même. Une attestation dont les cases ne collent pas à l’installation, ou un schéma absent pour une production, renvoie le dossier avant toute visite.

Consuel, diagnostic, attestation volontaire : quel document pour quelle situation
Beaucoup de clients confondent ces papiers. Ils n’ont ni le même auteur ni le même usage. Le tableau compare les cinq documents qu’on nous demande le plus.
Un point utile pour les vendeurs : selon EDF, une attestation visée par le Consuel peut tenir lieu de diagnostic électrique pendant trois ans pour une vente et six ans pour une location. Pour le reste, voyez notre guide sur le diagnostic électrique obligatoire.
| Document | Qui l’établit | Quand il est exigé | Ce qu’il prouve |
|---|---|---|---|
| Attestation jaune visée | L’électricien, visa du Consuel | Logement neuf, rénovation totale avec coupure Enedis | Conformité au moment de la mise en service |
| Attestation bleue ou violette | L’installateur de la production | Production de moins de 250 kVA qui modifie l’installation | Conformité de la partie production, avec ou sans batteries |
| Attestation volontaire | L’électricien, à la demande du propriétaire, visée | Jamais imposée | Conformité des seuls circuits rénovés listés |
| Diagnostic électrique | Un diagnostiqueur certifié | Vente ou location, installation de plus de 15 ans | État de l’installation à une date, anomalies relevées |
| Facture ou attestation simple de l’électricien | L’électricien seul, sans visa | Jamais acceptée par Enedis à la place du visa | Que des travaux ont été faits, rien de plus |
Ce qui change dans les Alpes-Maritimes
Les règles sont nationales. Ce qui change ici, c’est le bâti et les usages.
Dans les immeubles anciens de Nice, Belle Époque, vieux Nice, Libération, se pose une question de frontière. Le décret parle de l’installation en aval du point de livraison. La colonne montante et les parties communes ne font pas partie de votre logement. Une rénovation complète d’appartement avec coupure se traite sur votre partie ; les parties communes relèvent d’une autre démarche, portée par le syndic.
Les villas des années 60-70, sur le littoral comme dans l’arrière-pays, sont souvent rénovées d’un bloc à l’achat. C’est le cas type de la rénovation totale avec coupure, donc Consuel obligatoire. La prise de terre y est le point que nous surveillons le plus.
On nous demande de plus en plus de raccorder des panneaux solaires. Chaque installation de production qui modifie l’installation intérieure appelle une attestation bleue, ou violette avec batteries. Si l’électricien du logement et l’installateur solaire sont deux entreprises, chacun atteste pour sa part.
En bord de mer, nous observons que l’air salin attaque les borniers et les connexions des tableaux mal protégés, surtout dans les garages ouverts et en extérieur. Pour une rénovation, nos techniciens choisissent un coffret adapté à l’emplacement. Un tableau oxydé un an après le visa reste un problème, même visé.
Pour les résidences secondaires fermées une partie de l’année, nous n’avons trouvé aucune règle vérifiée qui impose le Consuel pour une simple remise en service après une longue fermeture. Certains comparateurs évoquent un seuil de six mois. Si on vous le réclame, demandez par écrit le texte qui le fonde.
Si vous êtes à Nice ou dans le 06
GI RENOV est une entreprise de dépannage et d’électricité basée à Nice. Sur un chantier qui passe au Consuel, nous remplissons et signons l’attestation pour les travaux que nous avons réalisés, nous préparons l’installation avant la visite et un technicien est présent si l’inspecteur vient.
GI RENOV ne signe pas d’attestation pour une installation que l’entreprise n’a ni faite ni vérifiée. Si vous avez commencé seul ou avec un autre artisan, le technicien fait d’abord un état des lieux, puis un devis écrit des corrections nécessaires.
Nos techniciens interviennent comme électricien à Nice et dans le reste du département. Une équipe assure aussi les nuits et les week-ends pour les dépannages. Pour une coupure du réseau lui-même, c’est Enedis dépannage Alpes-Maritimes, au 09 726 750 06.
Les limites de cette page
- Les tarifs viennent de deux sites tiers concordants : consuel.com refusait les relevés automatisés (erreur 403) le 10/10/2026. Le prix au moment de la commande fait foi.
- Aucune statistique officielle des motifs de refus n’a pu être vérifiée. La liste des défauts fréquents vient de notre expérience de chantier.
- La règle parfois citée d’un Consuel exigé pour remettre en service un logement vacant depuis plus de six mois n’a pas été retrouvée dans un texte officiel.
- Les délais réels de la délégation régionale qui couvre les Alpes-Maritimes ne sont pas publiés : les durées citées sont des moyennes nationales.
- La durée de validité d’une attestation visée, hors usage vente ou location, est présentée de façon contradictoire selon les sources.
